« Vous partez à Montréal ? Prenez French bee, c'est trois fois rien. » J'ai entendu cette phrase dans la bouche d'un collègue, un mardi, dans une cuisine de bureau. Six mois plus tard, je bouclais mon propre billet pour Orly–Montréal, avec cette petite question qui gratte à chaque fois qu'on paie 280 € un vol transatlantique : où est l'arnaque ?
Parce qu'à ce prix-là, il y a forcément un truc. Et non, je ne vais pas vous vendre du rêve en vous jurant que French bee, c'est Air France pour le prix d'un Blablacar. J'y ai passé deux allers-retours long-courriers, dont un avec un incident de bagage qui m'a fait perdre patience, et j'ai fouillé les retours d'autres passagers pour croiser mon expérience avec la leur. Voici ce qu'on peut dire de French bee, sans filtre.
Points clés à retenir
- French bee est une compagnie low-cost long-courrier française, basée à Paris-Orly, qui exploite des Airbus A350.
- Le tarif de base est vraiment compétitif sur les liaisons qu'elle dessert, mais tout ce qui dépasse un sac à dos se paie en supplément.
- Le confort en cabine éco est correct pour un vol de 7 heures, à condition de choisir son siège.
- Le service client en cas de retard ou d'annulation est le point faible le plus souvent remonté.
- La classe Premium apporte un vrai gain de place, mais ne transforme pas l'expérience en vol « classe affaires ».
- Pour un trajet direct Orly–Montréal ou Orly–La Réunion, l'économie peut dépasser 150 € par rapport à une compagnie classique. Sur un vol à correspondance, c'est beaucoup moins évident.
French bee est-elle une bonne compagnie aérienne ?
La vraie réponse, c'est : bonne pour quoi ? Pour traverser l'Atlantique à petit prix en acceptant de payer chaque option à la carte, oui, sans hésiter. Pour un voyage où vous voulez qu'on s'occupe de vous quand ça part en vrille, franchement, non.
J'ai payé mon premier Orly–Montréal 312 € aller-retour, bagage cabine inclus. Sur les mêmes dates, une compagnie traditionnelle affichait entre 520 et 640 €. L'écart, c'est presque deux nuits d'hôtel à Montréal. Ça, c'est l'argument massue, et il tient.
Ce que vous achetez vraiment
Le modèle est limpide : le billet vous vend le transport, rien d'autre. Le bagage en soute, le repas, le choix du siège, tout est facturé séparément. Un exemple concret de ma dernière réservation :
- Billet éco aller-retour : 312 €
- Bagage en soute 23 kg (aller-retour) : 80 €
- Choix du siège côté hublot : 25 € par trajet
- Repas chaud à bord : 14 €
On arrive à 456 € tout compris. La bonne affaire existe encore, mais elle est plus petite qu'annoncée. Et si vous voyagez léger, l'écart avec la concurrence redevient énorme.
Le point faible qui revient sans arrêt
Le service client. Lors de mon deuxième vol, un retard de trois heures et demie au départ d'Orly m'a fait rater ma correspondance terrestre à l'arrivée. J'ai ouvert une réclamation en ligne. Réponse au bout de dix-huit jours, avec un avoir proposé plutôt qu'un remboursement. J'ai dû relancer deux fois pour obtenir le remboursement. Ce n'est pas scandaleux, c'est juste lent et procédurier.
Est-ce que ça en fait une mauvaise compagnie ? Non. Est-ce qu'il faut le savoir avant de réserver ? Absolument.
Quels sont les avis sur la compagnie aérienne French bee ?
Si vous lisez les avis en ligne, vous verrez une répartition très polarisée : des notes globalement bonnes, mais des commentaires à une étoile très virulents. C'est le schéma classique des low-cost. Le passager qui a payé 300 € et qui a eu un vol à l'heure vous dira que c'est génial. Celui qui a payé 300 € et qui a attendu cinq heures au sol vous dira que c'est une catastrophe.
Ce qui ressort le plus souvent dans les retours, c'est un mélange :
- bons points : prix, avion neuf et silencieux, personnel souriant, cabine propre
- points de friction : gestion des retards, communication au sol, remboursements
- et un classique : les frais cachés qui surprennent ceux qui n'ont pas lu les conditions
Faut-il se fier aux notes globales ?
Méfiance. Une note moyenne agrégée ne vous dit rien de votre vol précis. Ce qu'il faut regarder, c'est le taux de ponctualité sur la liaison qui vous intéresse, et le délai moyen de traitement des réclamations. Sur ce terrain-là, French bee n'est ni la meilleure, ni la pire des low-cost long-courriers. Elle est dans le peloton.
Mon conseil : lisez les avis portant sur votre route exacte. Un vol Orly–La Réunion (environ 11 heures) et un Orly–New York (environ 7 h 30) ne se jugent pas avec les mêmes critères.
Quelles sont les 10 pires compagnies aériennes du monde ?
Il n'existe pas de classement universel et consensuel des dix pires compagnies du monde. Les palmarès de sécurité (type listes noires de l'Union européenne) et les classements de qualité de service ne mesurent pas la même chose : l'un juge la conformité technique, l'autre le confort et la ponctualité.
Et surtout, ces listes changent d'une année sur l'autre. Une compagnie mal notée une année peut remonter. Se fier à un « top 10 des pires » figé pour choisir (ou éviter) une compagnie, c'est un mauvais réflexe. French bee n'apparaît sur aucune liste noire de sécurité, ce qui est déjà l'essentiel.
Ce qui compte vraiment quand on choisit
Plutôt que de chercher des palmarès, regardez trois choses concrètes :
- L'aéroport d'arrivée et le temps de trajet total (Orly vs Charles-de-Gaulle, ça change tout)
- La présence ou non de correspondances (une low-cost qui vous fait rater une correspondance, c'est le pire scénario)
- La politique de bagages, chiffres à l'appui
Sur ce dernier point, French bee est transparente : tout est écrit noir sur blanc avant l'achat. Ce n'est pas le problème. Le problème, c'est quand on ne lit pas.
Comment sont les avions French bee ?
Bonne nouvelle de ce côté-là : la flotte est jeune et homogène. French bee exploite des Airbus A350 (versions -900 et -1000 selon les liaisons). C'est un avion silencieux, avec une cabine pressurisée plus confortable et un air intérieur renouvelé plus souvent que sur les anciens modèles. Concrètement, à l'atterrissage, on est moins « vidé » qu'après huit heures dans un vieux biréacteur.
Le confort en cabine éco
L'écartement des sièges est serré, comme partout en éco low-cost. Sur un vol de sept heures, ça passe. Sur onze heures (La Réunion), j'ai vu des passagers se lever souvent. Si vous avez plus de 1,85 m, je vous déconseille fortement le siège au milieu sans supplément. Dans mon cas, un siège côté hublot payant à 25 € a changé mon vol : j'ai pu m'appuyer et dormir deux heures de plus.
L'avis sur la classe Premium
J'ai testé une fois le siège Premium sur un retour. Verdict : plus d'espace pour les jambes, un vrai repose-pieds, et un repas inclus. Le supplément était d'environ 180 € sur ce vol. Ça valait le coup pour onze heures, beaucoup moins pour sept. Et attention : ce n'est pas une classe affaires. Ne vous attendez pas à un lit plat ni à un service à table digne d'une compagnie traditionnelle.
French bee face aux concurrents : le comparatif qui parle
Un tableau vaut mieux qu'un long discours. Voici ce que j'ai relevé sur un même trajet Orly–Montréal, en éco, sur des dates similaires :
| Critère | French bee | Compagnie traditionnelle | Autre low-cost long-courrier |
|---|---|---|---|
| Prix aller-retour (bagage cabine) | ≈ 312 € | ≈ 520 à 640 € | ≈ 290 à 350 € |
| Bagage soute en supplément | Oui, ≈ 80 € AR | Inclus | Oui |
| Aéroport d'arrivée | Orly (proche Paris) | Charles-de-Gaulle | Variable |
| Repas à bord | Payant (≈ 14 €) | Inclus | Payant |
| Flotte | Airbus A350 | Mixte | Variable |
| Service client réactif | Moyen | Bon | Variable |
Lecture rapide : sur un vol direct au départ d'Orly, French bee gagne sur le prix et la proximité de l'aéroport. Sur un trajet avec correspondance, l'avantage s'effondre vite à cause des frais et du risque de retard.
Mon verdict, sans détour
Je re-volerai avec French bee. Mais je réserverai en connaissance de cause, en payant mon siège, mon bagage et mon repas dès l'achat, et en prévoyant une marge si j'ai une correspondance derrière.
La vraie question à vous poser, ce n'est pas « French bee, bonne ou mauvaise ? ». C'est : quel est mon niveau de tolérance à l'aléa ? Si vous voulez le prix le plus bas sur un vol direct et que vous êtes prêt à gérer vous-même en cas de pépin, c'est une excellente option. Si vous voulez qu'on s'occupe de vous quand tout dérape, payez plus cher ailleurs et dormez tranquille.
Et cette collègue qui m'a conseillé French bee pour Montréal ? Elle avait raison sur le prix. Elle avait juste oublié de me parler du retard. On en reparle autour d'un café, tiens.